Archives de catégorie : HTP Créa

La radio qui se voit, la radio qui s’écrit, la radio qui fait du bruit ! Retrouvez HTP Créa, des traces sonores de la créativité made in HTP ! On y retrouve des docu-fictions reliant propos et imaginaire, des créations sonores originales, des émissions spéciales, des productions musicales et des clips de freestyle et hip hop, permettant de donner à entendre nos alter-réalités de Hautepierre.

Et si HTP Radio était un film? Et si HTP Radio était un plat? Et si HTP Radio était un animal? Et su HTP Radio était un ovni?

HTP explore ! les balades à l’oreille

Dans le cadre des Journées Européennes de l’Architecture 2018 autour de la thématique ENSEMBLE, le collectif Horizome, associé au festival Exhibitronic et à la JEEP, a proposé d’expérimenter en commun l’architecture percutante de la maille Catherine au travers de deux balades à l’oreille dans le quartier, les 5 et 10 octobre 2018.

 

HTP Radio a notamment participé au projet en produisant spécialement pour l’occasion une phonographie augmentée d’un freestyle in situ. Avec 17 Binks, Cobra et Kesko & la classe des percussions de Strasbourg, Tim Hanquet et Simon Journet. À la production Léo Paulen et Pauline Desgrandchamp.

 

En écoute ici Freestylers : (ATTENTION, ÉCOUTE PRIVILIÉGIÉE AU CASQUE)

 

Et en écoute là, une restitution radiophonique d’une des deux balades, signé Dimitri Madi, volontaire en service civique à HTP Radio.

 

> C’est quoi une balade à l’oreille?

Il s’agit d’une promenade physique selon un trajet défini permettant de se focaliser sur les paysages sonores, en jouant à la fois entre des sons ambiants, des percussions augmentées ou encore des enregistrements sonores, pour raconter autrement les richesses d’un territoire urbain. C’est aussi un moyen de tester ce que l’on nomme un « urbanisme sonique » qualifiant les espaces urbains avec la musicalité des matériaux trouvables sur site et une démarche empathique, à l’écoute des usages des lieux.

Autrement dit, c’est permettre au travers de la « narration sonore en marche », puisque la balade en sons met en action le corps écoutant, de raconter un récit spécifique aux lieux environnants : une sorte de réalité alternative et immatérielle, en 3D, de se qu’il se passe à Hautepierre. Les paysages sonores réels se confondent avec les sons percussifs de Tim et Simon. On joue également entre des sons enregistrés, ( cf. le freestyle) et des sons percutés en direct, permettant au final de mettre en scènes la maille Catherine selon le jour et la nuit.

 

> Ça sert à quoi au final ce type de pratique?

Afin d’appuyer un concept clé dans la notion de fabrique urbaine participative, il s’agit ici d’insister à populariser la compréhension sensible et émotive d’un territoire, fondée autour de la compréhension sensorielle plurielle et divergente de chacun de nous, corps sensibles et habitants de Strasbourg. L’alterité se voit ainsi qualifiée et matérialisée en données de terrain, participant dans le même temps à affirmer la constitution de diagnostics territoriaux plus incarnés vis à vis d’un territoire.

Ce travail fait partie d’une recherche en cours au sein du laboratoire ACCRA de l’Université de Strasbourg, porté par Pauline Desgrandchamp, rédactrice de HTP Radio.

Plus d’informations sur stras-sphere.org

 

> Une expérience partagée et donc partageable !

Voici ici une première synthèse du trajet vécu, rédigée à partir du débrief partagé entre les présupposés des concepteurs et les retours d’expérience de chacun des expérimentateurs empiriques :

 

#Scène 1 : mise en écoute du corps – avenue Cervantès 

Les expérimentateurs fonctionnent en binôme, un pour guider, l’autre masqué, ils avancent dans une marche sonore méditative et territoriale à la fois, dessinant mentalement un trajet imaginaire et sensible de l’environnement présent. Le paysage ambiant est marqué par une pluralités de plans sonores, entre sons de circulations piétonne, automobile et passage du tram. C’est également l’espace-temps de conditionnement de l’expérience sensible pour l’expérimentateur masqué, qui doit s’habituer petit à petit à s’orienter au travers de ses autres sens. Selon les profils, certains ont noté une angoisse forte car perdus tandis que d’autres se rassuraient de suivre les voix de la circulation (différents plans sonores reliés comme le son du tram, voiture, vélos)

 

#Scène 2 : trajet  – allée Charles Perrault

L’utilisation d’une pattern musicale, construite à partir de pièces de monnaie disposées sur les rails du tramway, va donner le top départ des percussions métalliques, avançant dans l’allée Perrault, à coup de bois et de tuyaux.

Ce qui permet également aux expérimentateurs de mieux distinguer les masses architecturales présentes sur place. De nuit, l’un remarque des effets de distance très nets, une autre des effets d’échos amplifiés selon la position du corps écoutant vis à vis des matières résonantes. D’autres étaient  concentrés sur les matières traversés au sol, leurs pieds devenant un outil de ressentis supplémentaire à leurs oreilles. De jour, plusieurs personnes ont noté un effet de distance entre les bruits ambiants et les ajouts de ceux des musiciens. L’une a parlé d’effet de brouillage quant aux sons percussifs, la dérangeant dans l’écoute du paysage ambiant.

 

#Scène 3 : freestyle augmenté – place Flaubert

Un paysage sonore peut aussi se comprendre comme totalement fictif, créé par la manipulation de l’enregistrement. Ainsi, pour insister sur l’aspect immersif du sonore, HTP Radio a testé pour enregistrer les plans, un microphone assez particulier, appelé BINAURAL, permettant de simuler une écoute 3D.

La bande sonore propose en son sein deux plans distincts, transformant des espaces-temps hautepierrois particuliers. L’un concerne l’enregistrement des percussions de Tim et Simon place Flaubert, maille Catherine. L’autre concerne le freestyle de Cobra et Keska devant la CAF, à la Eley. Les percussionnistes jouaient en IN et en OFF, la plus part des expérimentateurs se sont d’ailleurs amusés à vivre une immersion spéciale en doutant de cette fine limite entre réalité et hologramme sonore.

 

#Scène 4 : résonances architecturales – parc Simbad

La marche reprend son cours pour s’avancer petit à petit en coeur de maille, espace architectural autant détonant que respirant… Les percussionnistes dessinent alors une fabrication percussive de l’espace : le parc pour enfant devient un instrument transformant les murs des immeubles en caisses de résonance.

Les gamins aux alentours sont intrigués et excités par ces résonances, les aveugles sont immergés, difficile de déceler les frappes des échos, surtout de nuit. En journée, moins de remarques et plus de compréhensibilité des effets sonores présents. Ce qui permet de proposer cette hypothèse : les temporalités jour/nuit auraient alors un rôle important en tant qu’empreintes de ressentis et d’émotions.

Sorte de final pour les deux musiciens, la partition proposée évolue en des frappes de plus en plus fortes et précises, insistant à affirmer une musicalité métallique pour saisir autrement l’urbanisme spécifique de ce coeur de maille. Un expérimentateur masqué a ainsi été marqué par son souvenir auditif : quelques minutes après l’arrêt des musiciens et avant d’enlever son masque, il continuait d’entendre les percussions de manière mentale pour en dessiner une image plus précise de l’urbanisme local.

 

#Scène 5 : visite sonore – jardin du coin

À la tombée de la nuit, les écarts de température entre des espaces plus minéralisés en frontières de maille et l’avancée en coeur de maille se sont fait ressentir intensément. En journée, comme l’a fait remarqué une des expérimentatrice masquée, il s’agissait plutôt de repérer les ombres portées des bâtiments à partir de la lumière du soleil sur la peau du visage.

L’entrée dans le jardin, vert et dense, était marquée par l’humidité et les odeurs. Quelques sons d’insectes jusqu’alors inédits, puisqu’impossible de se trouver là (le son d’une cigale, d’une libellule ou encore d’un coq) se sont fait entendre, perturbant le paysage sonore local… Une autre manière de symboliser les petits habitants du jardin, bêtes et autres insectes issus du compost ! En journée, pas de sons ajoutés mais une visite des plantations avec un des animateurs du jardin…

 

Conclusion collective autour d’un pot convivial permettant à chacun, expérimentateurs et concepteurs de partagés leur retour d’expériences.

 

 

Au pied de ma tour #1 ! Sadraque Pinto

> Rencontre radiophonique avec Sadraque

 

Sadraque Pinto est producteur de clips, fondateur et couteau-suisse du crew Éclipse prod, il vit à la Eley.

  • Son âge : 16 ans

  • Son blase : Draqsa

  • Son style : créatif et motivé

  • Sa spécialité : La production de clips de freestyle

  • Sa devise : « Rien est impossible »

 

 

> Les moyens de faire du crew Éclispe prod

Eclipse prod, c’est avant tout un groupe d’amis. Une famille soudée de 5 jeunes agés de 16 ans, qui ont décidés de s’autonomiser en créant leur propre label de productions de vidéo-clips made in HTP. Ils proposent gratuitement à des freestylers des environs, la réalisation de l’image et de leur son. Ils sont managers, beatmakers et clippeurs…

Le logo d’Eclipse productions

 

Présence sur les réseaux sociaux, Achat commun de matériel technique, formation en autonomie au pragmatisme, accompagnement éducatif au sein de HTP Radio, rencontre avec des professionnels du monde du cinéma… Leur moyens de faire, c’est de faire ! Et c’est ça qu’on aime à HTP Radio, une fabrication par soi-même permettant par le test et les erreurs que l’on commet d’élargir ses champs d’action, de partager et de mettre en commun pour se professionnaliser au fur et à mesures de nos expérimentations.

> Les réseaux sociaux comme lieu de diffusion des artistes locaux

Pour mieux se faire connaître et diffuser leur créativité, les freestylers investissent les réseaux sociaux de manière tactique. Instagram représente une scène publique des plus massives pour présenter en avant-première des lives ou des vidéos Youtube, permettant aux rappeurs de poser leur flow sur la toile numérique. Chaque compte (fcb, insta, snap etc) est utilisé pour faciliter la venue sur la plateforme vidéo Youtube afin d’augmenter la quantité de vues par vidéo postée…

Instagram est aussi le lieu des rencontres, où producteur et artiste échangent leur numéro et se retrouvent à Hautepierre pour concevoir leur production collective. Chez Éclipse prod, c’est au studio de HTP Radio que se construit le montage musicale et les clips : enregistrement des voix et mixage, rencontre d’autres labels strasbourgeois (La Krimmeri, les Sons d’la rue, HTP Gang) tous les mercredi aprem…

 

Exemple en vidéos d’une collaboration entre  Meï, chanteuse Rn&B et Éclipse prod :

 

 

HTP explore ! les paysages sonores des mailles

Jacqueline, Brigitte, Éléonore, Karine et Catherine, parlons-en avec les bruits ambiants ! HTP Radio explore les paysages sonores des mailles de Hautepierre.

 

 

crédits photo : Alexis Gunkel pour Horizome et l’ANPU

 

Scène #1 : Sons d’ici, à la Brigitte !

Ilona

Scène #2 : Place Jean Giono, à la Cath !

Pauline Desgrandchamp, Horizome

Scène #3: Le chant des immeubles, à la Eley !

Gaétan Groemer, Ensembles 2.2

Scène #4 : Le chant des sirènes, à la Jack !

Pauline Desgrandchamp et Yann Coiffier, Horizome

 

> Au final, c’est quoi un paysage sonore ? 

Le canadien Raymond Murray Schafer (1978), créateur du paysage sonore ou soundscape, le conçoit comme une composition de différents plans sonores évoluant au gré du moment, du milieu, du climat… en débordant du cadre de la représentation esthétique vers la perception multi-sensorielle. Il en différencie deux types : le paysage sonore vécu, celui qui se diffuse en réel et le paysage sonore fabriqué, celui qui est modifié, transformé, traduit par le designer pour construire un récit inédit.

 

Le paysage sonore, vécu et fabriqué, se décompose ainsi en différents plans à l’instar du paysage visuel (premier plan, arrière plan etc) tout en se saisissant comme une approche globale écologique. À l’inverse du paysage visuel, il ne se range pas dans un cadre, il en déborde. On dit d’ailleurs que “l’ouïe n’a pas de paupière” (CRESSON, 2013).

 

La notion de bruit en devient ainsi une possible représentation : émis par les autres, il est qualifié de nuisant ou de dérangeant puisqu’effectivement on ne le maîtrise pas soi-même. Conceptualiser un paysage en sons, c’est ainsi permettre de faire évoluer notre propre relation au bruit, compris dès lors en tant que trace, témoignage et identité de ce qui peut se dérouler dans un lieu ou un environnement spécifique.

 

> En quoi les bruits ambiants témoignent-ils des identités urbaines de HTP ?

L’écoute des paysages sonores des coeurs de maille (scènes #1 et #2) insiste à montrer la place publique comme le lieu d’échange et de rencontre dans le quartier. Que ce soit au travers des jardins partagés, des écoles aménagées en coeur de maille ou encore des événements estivaux organisés (comme la tournée Aracnima dans le petit bois de la Brigitte), les paysages sonores ambiants ont la particularité d’être relativement préservés de la pollution sonore. Cela s’explique d’abord par la configuration spatiale du maillage urbanistique de Hautepierre, laissant l’espace du coeur comme lieu de vie piéton.

 

Les paysages sonores fabriqués proposés (scènes #3 et #4) permettent quant à eux de traduire en musique ou en montage des utopies urbaines, à l’instar des projets de grands ensembles. Le chant des immeubles reproduit, par les fréquences trouvées sur place, une musicalité propre à la Eley alors que le chant des sirènes propose les bruits de travaux comme une sorte de chimère dénaturée et poétique, représentant la perte de la tour Buchner et de ses mémoires à la Jack.

 

HTP kids ! les animaux rares

En avril 2017, les artistes radio Jérémie Wojtowitz et Marine Angé ont accompagné un groupe d’élèves de CM2 de l’école élémentaire Catherine dans l’élaboration de mini documentaires fictifs autour de la thématique des animaux, au regard du parcours pédagogique de l’année mené par leur enseignante.

> Quelles histoires peuvent véhiculer l’image d’un animal ?  Un animal réel, inventé ou mythique : le dahu, le yéti, le mokélé mbémbé, et tant d’autres.

> D’où naissent de tels animaux, où les trouver dans le quartier, ou dans l’univers ?

En écoute sur HTP Radio, les six docu-fictions composés par les élèves de CM2 de la classe de Mme Dussotoire :

 

> Marsupapillon

> Dragomorph

> Gazours vs Pikachu

>Écureuil

> Éléphant

> Loup

 

> Ça sert à quoi l’initiation au docu-fiction?

Le documentaire radiophonique permet à l’auditeur la découverte d’un sujet via une narration sonore.  Le format et la durée varient fortement en fonction des contextes de diffusions, mais ce type de production implique à la fois de la créativité, de la recherche de terrain, ainsi qu’un temps d’écriture autour de l’oralité.

 

La notion de docu-fiction permet alors aux auteurs un travail de fond et des questionnements pointus établis objectivement qu’ils vont traduire aux auditeurs comme si ils racontaient une histoire. L’apport de la fiction devient alors primordiale pour tendre la main de l’écoutant, lui permettre de fermer les yeux et de l’accompagner à s’immerger dans un recueil fantasmé du quotidien.

 

Que nous raconte le réel ? Qu’est-ce-que la subjectivité et l’objectivité? Comment un sujet peut changer en fonction de qui le raconte et comment un documentariste peut-t- il influencer le sujet qu’il aborde par sa seule présence ? Qu’est-ce que la notion de point de vue et de manipulation sonore ? En quoi participer à l’écriture d’un docu-fiction engage une initation à l’oralité et aux manières de poser sa voix ?

 

 

HTP explore ! l’habillage sonore de HTP Radio

Accompagnés du designer sonore Romain Barthélémy et de notre envoyé spéciale Bernadette Nguyen, Sabrya, Busra, Kerene, Karimène, Nail, Naila et les SAYME ont pu s’interroger sur leurs représentations de HTP en sonorités :

> Si HTP Radio avait un caractère…

> Comment on parle à HTP ?

>C’est quoi les sons du quartier ?

 

le groupe radio dans le studio pro du Shadok

 

 

À partir de ce premier travail de collecte, l’équipe s’est rendue au studio du Shadok afin de pratiquer les enregistrements des voix et les bruitages nécessaires à la réalisation de la charte sonore. Ils ont ensuite participer à la composition des nappes musicales et enfin à la construction du protocole d’utilisation.

 

 

Pour découvrir les autres jingles composés par l’équipe, écoutez nos différentes émissions et podcasts !

> Au final, ça sert à quoi un habillage sonore ?

Un habillage sonore, c’est un peu comme l’ensemble de la panoplie vestimentaire (habillage – vêtements) que pourrait porter la radio si elle était une personne… Dans le vocabulaire spécifique du designer, l’habillage se traduit par son identité sonore, définie comme une boîte à outils que la radio va pouvoir décliner en fonction des besoin de ses émissions. Mais c’est aussi un moyen de manipuler un propos radiophonique, en lui donnant des identités spécifiques.

 

À posteriori de ces différents temps d’ateliers, l’équipe a pu effectivement imaginer une charte sonore qui révéle les postures de HTP Radio :

> HTP Radio se raconte au fil du temps qui passe. En fonction des saisons, elle change de manteau. Elle affirme que le banal dans l’espace public de Hautepierre, c’est pas si vraiment banal.

> HTP Radio se raconte par la créa-fiction, elle oeuvre dans le champ de l’expérimentation radiophonique, de la fabrication DIY et de la production musicale locale.

> HTP Radio se raconte par les habitants de Hautepierre.

 

HTP kids ! M. Fourmi

 

M. Fourmi est le pire des maîtres, tous les enfants le détestent : contrôle les fourmis pour contrôler le monde.

À Super-Catherine, école de super-héros, une classe découvre avec stupeur son nouveau professeur,  l’intrigant M. Fourmi.

Cette fiction, pilote d’une série potentielle, est le résultat d’un trimestre de l’activité périscolaire de HTP Radio mené par Radio Rhino durant l’année 2017 à l’école Catherine.

> Big up aux supers participants :

Catherine, Dock-Champa, Aylin, Marwan, Mickaël, Kaan, Bouchra, Nabil, Alimkan, Yacine et Jérémie !